IMSOMNIA, Nuits persanes
9 > 24 mars 2018
Ameneh MOAYEDI
Exposition Dessin

À l’heure des crépuscules, l’artiste iranienne Ameneh Moayedi a dessiné et dessiné, téméraire, de vastes étendues de papier. Puis, les dessins ont hibernés, enroulés pendant plus de dix ans.
L’exposition INSOMNIA, dévoile ces nuits persanes dans le cadre du Nouvel An Iranien et du Printemps des Poètes.

Mercredi 14 mars / 18:30 > 21:00
Fête du Feu – Chaharshanbe suri

Vendredi 16 mars / 19:30
Interview Ameneh Moayedi par VL Radio  Écouter l’interview

Vendredi 16 mars / 20:00
Foules sentimentales
Lecture du recueil de poésie de Georges OUCIF dans le cadre du Printemps de Poètes

Mardi 20 mars / 20:30
Nouvel An Iranien – Norouz
Reyhan BOUROUMAND et le kamânche, instrument traditionnel iranien

Aux quatre coins de nos impasses se trouvent des échappatoires… Quand tu es une femme tu attends le lever du soleil au coeur de la nuit… Oui, c’est comme ça que la douleur commence et nous, téméraires, créons, volons, des orgasmes plein les yeux…
Elle !
Au début, conquérir son âme et après son corps et tout l’espace qui fait naître en toi les rêves, l’éclat de la lumière et celui du soleil !
Qui est elle ?
Qui peut trouver le sommeil auprès de l’agitation de celle-ci et du trouble de son esprit ?
Calme, calme et dans l’insomnie tes yeux s’ouvrent pour voir un sommeil peuplé de cauchemars.
Que nos yeux ne soient jamais fermés… Loin de nous les rêves, loin de nous les cauchemars et l’incessante insomnie…
Ameneh Moayedi
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Fête du feu – Chaharshanbe suri
Je te donne ma couleur jaune, tu me donnes ta couleur rouge
La Fête du feu des Perses est célébré le mardi soir à la veille du dernier mercredi de l’année par les Iraniens depuis au moins 1 700 ans avant Jésus-Christ.
On saute sur les flammes pour lui confier sa propre pâleur, sa propre fatigue en l’échangeant par la bonne énergie crépitante du feu, pour une nouvelle année pleine de force.

Nouvel An Iranien – Norouz
Célébration du Nouvel An iranien avec le concert de kamânche de
Reyhan BOROUMAND, sa table traditionnelle et les poèmes de Hafez en guise d’horoscope.

Reyhan BOROUMAND
Musicienne iranienne joueuse de kamânche et de violon.
Doctorante en Musicologie à l’Université Lille III.
Master en Musique, Musicologie et Dispositifs Contemporains – Université Lille III.
Master en Education Musicale de l’Université Lille III.
Licence d’Interprétation de la Musique Traditionnelle Persane à l’Université de Téhéran.

FOULES SENTIMENTALES
Lecture du recueil de poésie de Georges OUCIF
Avec cinq lectrices surprenantes !  Véronique GARIN, Isabelle LANGLOIS, Alexandra SERINGE, Johanna PERNOT, Anne TRIFUNOVIC

ils dorment les enfants d’Alep
dans la neige allongés
lit clair où pleurent les mères
des étoiles traversent leurs yeux
château de cartes les salles de classe
école ouverte à tous les vents
que mendient-ils mains ouvertes
un bonbon pour leur bouche bée
un sucre pour leur corps déjà sec
enfants sans voix dans l’aube des jours
enfants sont froids comme des images

Foules sentimentales 15

Le poète ne sait plus s’il est encore possible de parler des états d’âme de la nature, de l’alouette ou de la mer bretonne, quand les hommes souffrent et que meurent les enfants, quand le viol est une arme de guerre et qu’on rase les villes. Ce n’est plus la mort alors qui chevauche de par le monde, c’est l’hystérie collective, la bonne conscience dans l’aveuglement bien-pensant. Des chefs proclamés aboient leur vérité sur des masses fanatisées, tout leur est bon, nation, père ou religion et des hommes fuient par millions , des hommes se noient par milliers.

C’est le filtre de l’actualité qui a opéré la transmutation au pluriel du titre de la chanson de Souchon. Comme les criquets inoffensifs qui finissent par s’assembler par centaines de millions et deviennent alors ravageurs, les foules d’aujourd’hui se dressent pour hurler leur haine, pour brandir les drapeaux et les couteaux sans lesquels il n’y a pas de croyances.

Des photos qui émaillent les pages souples du journal Le Monde, des articles qui y brossent le tableau lamentable de nos passions, sont nés ces textes, parfois même griffonnés dans les marges des articles avant de trouver leur forme définitive.

Privés de titre, ces poèmes qui confinent souvent à la chanson, tendent à l’universalité en privant les situations qu’ils évoquent de toute référence à un contexte vrai, mais réducteur.

Le chant peut s’élever alors, miroir du monde, pour dire « ce que les hommes aux hommes font ».

Georges OUCIF